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Les OGM, à quoi servent-ils ? Quels sont les risques ?

Les OGM, à quoi servent-ils ? Quels sont les risques ?

Sorte de sélection variétale accélérée, la transgénèse permet de conférer de nouveaux caractères aux plantes dans le but d’améliorer la production agricole. Elle intervient aussi dans les domaines de la santé et de l’industrie. Ainsi des plantes génétiquement modifiées (GM) peuvent être utilisées pour produire des matières plastiques biodégradables ou de la soie d’araignée, matière extrêmement résistante et élastique. De même, des recherches sont en cours sur la production d’hémoglobine, de lipases gastriques et de collagène humains, de vaccins, ou encore d’oligo-éléments grâce à des plantes.

L’histoire des OGM en bref

Les premières plantes transgéniques sont 2 plants de tabac obtenu aux États-Unis et en Belgique en 1983. La première résistance contre un insecte est implantée 2 ans plus tard dans un plant de tabac grâce à un gène codant pour une toxine bactérienne. Les premiers essais au champ sont aussi effectués aux États-Unis en 1986 avec, de nouveau, un tabac, résistant cette fois à un antibiotique. 10 ans plus tard, Greenpeace alerte en premier l’opinion publique en s’opposant à la commercialisation d’OGM dans l’alimentation et à leur dissémination dans l’environnement. En 2000, la CEE force la France à autoriser la culture du maïs Bt, à moins qu’elle n’arrive à prouver que l’aliment présente un risque pour la santé humaine ou l’environnement, ce qui ne sera jamais fait. En Union européenne, à partir de 2004, tous les produits contenant plus de 0,9 % d’OGM à destination alimentaire humaine ou animale doivent être étiquetés. En 2007, déjà 114 millions d’ha de plantes transgéniques sont cultivés dans le monde, c’est-à-dire 60 fois plus qu’en 1997. En 2015, il y en a 179,7 millions d’ha, ce qui équivaut à quasiment 7 fois la surface agricole française.

Pourquoi et comment fait-on des OGM ?

La plupart des plantes OGM sont résistantes aux insectes ou aux herbicides. Par exemple, le maïs Bt produit une protéine empêchant le développement de la chenille de la pyrale. Le soja Roundup Ready®, de son côté, est insensible à l’action du glyphosate, herbicide nocif à l’ensemble des végétaux. D’autres types de plantes GM existent ou sont en développement, avec des résistances à des maladies, des champignons ou encore à la sécheresse, mais aussi avec des valeurs nutritives améliorées. Par exemple, le riz doré capable de produire de la vitamine A a été développé afin de lutter contre la cécité dans les pays peu développés. Les animaux aussi sont génétiquement modifiés par les scientifiques, mais ces manipulations restent dans le cadre de la recherche et ne sont pas encore appliquées dans le monde agricole.

Comme son nom l’indique, la transgénèse correspond au transfert d’un gène, c’est-à-dire un fragment d’ADN, d’un organisme à un autre, d’une espèce à une autre. Lors de la consommation par les animaux (ou les hommes), ce gène est dégradé normalement pendant la digestion sans aucune conséquence pour le consommateur. Par contre, les protéines produites grâce à la présence de ce gène étranger dans l’organisme génétiquement modifié possèdent potentiellement un effet sur celui qui les ingèrent qui reste à déterminer.

Tout d’abord, un risque allergène peut apparaître dans l’OGM. Un soja fourrager dans lequel un gène de Noix du Brésil avait été inséré s’est révélé fortement allergène et n’a donc jamais été commercialisé. Ceci peut présenter un risque en cas de manque d’information.

Ensuite, certaines toxines produites grâce à la transgénèse peuvent s’accumuler dans l’OGM à des taux dangereux pour le consommateur. Il est aussi possible que l’action de la protéine provenant du gène étranger entraîne indirectement l’accumulation dans la plante de toxines qui sont normalement dégradées. Un risque existe alors si la partie de la plante où s’accumulent les toxines est consommée. Par contre, certains bénéfices peuvent être attendus face à des toxines particulières : les mycotoxines. La contamination par le champignon les produisant est favorisée par les attaques de pyrale. Le maïs Bt réduisant fortement ces attaques en détruisant les larves, la contamination des grains est plus faible et donc le taux de mycotoxines est réduit.

Enfin, des gènes marqueurs sont utilisées lors de la production de cellules végétales modifiées. Ils possèdent la plupart du temps une résistance à un antibiotique servant à la sélection des cellules transgéniques. Comme ils sont intégrées à ces cellules, ils restent présents dans les OGM qui seront consommés plus tard. Des études continuent d’évaluer le risque de transmission de ces gènes de résistances aux bactéries dans la panse des ruminants par exemple, ce qui accélérerait le développement de pathogènes résistants aux antibiotiques. Cette utilisation de gènes marqueurs entraînant une résistance aux antibiotiques a été interdite dans le cadre de cultures commerciales en France en 2005.

Le risque de développement de plantes résistantes par dissémination ou par évolution génétique.

La dissémination ne peut s’opérer que s’il existe dans l’environnement des cultures des plantes dont le cycle de développement est proche. Par exemple, la floraison doit s’opérer au même moment et le pollen doit pouvoir être transféré de l’espèce cultivée à l’espèce sauvage. Ceci n’est pas possible avec le tabac ou le maïs qui sont importés d’autres pays, mais peut arriver avec le colza, capable de féconder ravenelles, choux ou moutardes. Pour limiter ce risque, des manipulations génétiques sont effectuées pour rendre stérile la seconde génération de plantes ou pour inhiber l’expression du transgène responsable de la résistance.

Après un transfert d’une résistance à un herbicide d’une culture à une espèce adventice, l’utilisation de cet herbicide seul sur les cultures résistantes accélère l’apparition d’une résistance chez des espèces adventices. De même, l’emploi en masse de variétés résistantes à un insecte grâce à une toxine unique favorise le développement de résistances chez cet insecte. Cela rend à la fois inutile l’utilisation de la variété transgénique mais aussi des produits insecticides formulés à partir de la toxine sécrétée par la plante GM.

Il est donc important de diversifier les herbicides utilisés sur les variétés transgéniques résistantes, et maintenir des îlots de culture non OGM au sein de parcelles résistantes aux insecticides. Quoiqu’il en soit, chaque gène transféré dans une espèce donnée est un cas particulier. Il est donc difficile de répondre globalement à la question posée sur les risques que peuvent présenter les plantes transgéniques, mais il faut rester vigilant pour chaque nouvelle variété.

 

Sources

http://masterpro-ere.u-bourgogne.fr/pages_web/site%20OGM/Risques%20socio-economiques.html
http://www.ogm.org/OGM%20et.../OGM%20et%20sant%C3%A9/production-de-vitamine-a.html